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Mais
cette généreuse fermeté, qui
suffisait à arrêter des révoltes
intestines, était impuissante contre le roi
de France et ses armées ; la duchesse comprit
qu'il fallait chercher un protecteur qui pût
la défendre, elle et son peuple. Dans un
âge où les intérêts de
cur dominent tous les autres, elle n 'écouta
que la raison, et, sacrifiant son affection pour
le duc d'Orléans (depuis Louis XII), elle
se décida à accepter la main de Maximilien
d'Autriche.
Mais
ce dévouement à la cause publique
n'eut point l 'effet que la duchesse en espérait.
Maximilien n'envoya pas les secours sur lesquels
elle avait compté. L'armée française
s'était déjà emparée
des principales places de la Bretagne, et Anne se
vit forcée, après quelques triomphes
sans importance et de rudes défaites, à
demander la paix. On la lui accorda, mais à
des conditions qui rendaient la France maîtresse
d'une grande parti du duché. Charles VIII,
pour consolider les droits que la guerre venait
de lui donner sur cette belle province, demanda
la main de la duchesse, qui l'accorda.
Devenue
reine d'une des premières nations de l'Europe,
Anne se montra en tout digne d'occuper le trône
sur lequel elle était montée. Pendant
les guerres d'Italie, Charles VIII, qui ne quittait
point le commandement de ses armées, la nomma
régente du royaume, et elle l'administra
avec un talent et une prudence remarquables.
A
la mort de Charles VIII, Anne se rendit à
Nantes pour reprendre possession, aux termes de
son contrat de mariage, du duché de Bretagne.
Ce fut la première reine de France qui porta
le deuil de son époux en noir ; jusque-là,
elles l'avaient porté en blanc ; de là,
sans doute, le surnom de Blanche donné à
plusieurs veuves de nos rois.
Les
mêmes causes politiques qui l'avaient décidée
à accepter la main de Charles VIII se réunirent
à ses sentiments personnels pour lui faire
accepter celle du Duc d'Orléans, devenu roi
de France sous le nom de Louis XII. Mais en contractant
cette nouvelle union, elle n'oublia point les intérêts
de son peuple, et elle obtint, par un traité
particulier, que la Bretagne serait gouvernée
comme elle l'avait été sous les ducs,
et que ses droits et privilèges lui seraient
maintenus.

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