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(1773-1827)
Corsaire
malouin, Robert Surcouf fut davantage
connu de l'imagerie populaire française
pour ses hauts faits d'armes contre
des vaisseaux anglais que pour sa
large participation à la traite
négrière.
De
1795 à 1800, il pratiqua la
traite en dépit de l'abolition
de l'esclavage par le décret
du 16 pluviöse an II (4 février
1794) . Les bénéfices
obtenus doivent également être
ajoutés à ceux de la
course, dont il est connu qu'ils furent
ensuite investis dans d'autres opérations
qui permirent à Surcouf de
devenir un riche armateur.
Le
régime de la Restauration,
mis en place en 1815 après
la défaite napoléonienne
de Waterloo, était d'autant
plus favorable à l'abolition
de la traite qu'il voulait plaire
aux Anglais. Cela n'empêcha
pas Surcouf d'envoyer le 15 août
1815 l'Affriquain, vaisseau de 212
tonneaux, vers l'Angola. Surcouf était
également colonel de la Garde
Nationale de Saint-Malo et on imagine
mal la dénonciation d'un héros
aussi illustre au nom d'une loi inspirée
par la Perfide Albion, objet phobogène
traditionnel des marins français.
La
marine britannique saisit alors trois
vaisseaux français de Nantes
et du Havre. Au ministère de
la marine, une certaine indécision
laissa accroire que la traite pouvait
continuer. Curieusement, le ministre
français de la marine, fut,
pendant quelques temps le marquis
de Jaucourt, neveu de celui qui avait
autrefois rédigé l'article
consacré à la traite
dans l'Encyclopédie.
Au
total, Surcouf arma au moins trois
expéditions de traite clandestine
commandées par le capitaine
Pottier, à bord du vaisseau
Adolphe, dont on ne sait s'il était
appelé ainsi pour railler Benjamin
Constant, abolitionniste et auteur
d'un roman dont Adolphe était
le titre. A vrai dire, d'après
un descendant de Surcouf, il s'agit
plutôt et plus simplement du
prénom du fils du célèbre
corsaire-négrier.
En
1816, 36 vaisseaux de traite appareillèrent
de France pour les côtes d'Afrique,
du Cap Vert à l'Angola et de
Madagascar à Zanzibar. La saisie,
en 1817, du Louis de Nantes qui cinglait
vers la Martinique entraina la condamnation
de son capitaine par un tribunal de
Sierra Léone. Bien avisé,
celui-ci en appela à la cour
de l'amirauté britannique qui
lui donna gain de cause. La marine
britannique reçut l'ordre de
ne plus saisir les vaisseaux français.
Les officiers de sa majesté
obéirent à contre-coeur.
C'était un plaisir bien compréhensible
pour eux que de continuer d'entreprendre
des actions contre les Français,
bien que les Bourbons fussent de retour
à Paris...
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